Olivier Brazao : L’aventure « Premier miracle »
En 2016, l’écrivain Gilles Legardinier publie « Le Premier miracle« . Véritable récit de suspense et d’aventures, le roman a une nouvelle fois prit vie avec son adaptation en bande dessinée (Tome 1) fin 2021. Didier Convard en est le scénariste et Olivier Brazao en est le dessinateur. Transposer l’écriture en images est une véritable réflexion. Que doit-on conserver ? Que doit-on apporter ? Olivier Brazao répond à nos questions.
Comme pour la série Sheewõwkees, vous êtes associé à une bande dessinée qui mêle fantastique et mythes. Sont-ce des univers qu’il vous plaît d’explorer ?
C’est un concours de circonstance… Ceci dit j’aime bien… Je suis plus à l’aise dans le contemporain, enfin c’est ce qui me plait le plus à l’heure actuelle, donc mêler du fantastique, du mythique… dans notre époque me plait bien.
Ce qui est assez marrant, c’est que pour les Sheewõwkees j’ai travaillé avec Thomas Mosdi qui a été le collaborateur et disciple de Didier Convard. On boucle la boucle si on peut dire. 🙂
Mettre en images le roman de Gilles Legardinier a-t-il été complexe ?
Lorsque j’ai lu le roman, je me suis fait mes propres images, personnages, lieux… Du coup j’ai eu moins d’appréhension lorsque je me suis attelé aux planches. Je savais que j’allais devoir inventer des lieux que l’on ne peut pas visiter, dont il n’existe pas de photos, dessins, gravures…, comme le kofun au Japon ou bien encore le tombeau en Egypte. Ça fait partie des choses agréables et compliquées à faire, car il faut certes inventer mais que cela soit crédible et réaliste. C’est un chouette défi que de jongler entre création et des lieux existants… Ce jeu d’équilibre me plait bien.
Vous a-t-il conseillé ?
Gilles a été disponible pour me décrire certains lieux qu’il avait pu visiter lors de ses recherches au moment de l’écriture du roman, comme le laboratoire au sein de la British Library de Londres qui n’est pas ouvert au public. Bien qu’allant régulièrement en Angleterre et à Londres je connais pourtant bien les lieux mais pas cette partie de l’édifice. C’était la période du premier confinement, du coup Gilles me l’a décrit au téléphone. À partir de là, j’ai fait une reconstitution tout en gardant des libertés.
Sinon pour le reste de l’album Gilles ne m’a pas imposé quoi que ce soit, nous avons juste décidé avec Didier de respecter la vision qu’il avait de son héroïne, car je ne la voyais pas du tout comme lui. C’est la seule « contrainte » que j’ai pu avoir.
Didier Convard, le scénariste, est lui-même dessinateur et maître du genre. Comment avez-vous travaillé ensemble ?
Didier, c’est approprié le roman et a fait un travail remarquable d’adaptation. Il a su en
La bande dessinée passe de la pleine nature à l’univers des grandes villes jusqu’aux temples aztèques et égyptiens. Est-ce ce fut une difficulté de passer de l’un à l’autre ou au contraire un jeu ?
Passer d’un univers urbain à de la végétation, s’apparente plus à un voyage, une enquête car il faut que je sache à quoi ressemble, tel lieu, telle chose… Du coup j’enquêtais aussi comme les héros et pas que sur le mystère du Premier Miracle.
C’est un plaisir de passer d’un lieu à un autre, c’est aussi ce qui m’a plu dans le roman, les personnages avancent, ils ne s’attardent pas 15 ans dans un endroit. Il est vrai que du coup, on passe pas mal de temps à se documenter… Mais c’est très plaisant de faire des voyages immobiles, bien que je ne serais pas contre le fait de visiter les lieux que je ne connais pas. Faudrait que l’on demande avec Didier si Glénat serait d’accord pour nous organiser le périple ! 🙂
La tentation était grande de concevoir l’album comme une sorte d’Indiana Jones. Vous avez choisi de rendre l’univers très contemporain. Est-ce difficile d’être original dans le genre fantastique et historique ?
Je me suis laissé porter par le roman et le scénario, je ne me suis pas obligé à… La mise en scène peut se permettre une certaine originalité, mais il faut garder à l’esprit que l’on raconte quelque chose qui doit être crédible. Je ne peux pas me permettre d’être
Avez-vous pu vous déplacer afin de dessiner des lieux comme l’Université d’Oxford ou l’Hôtel de Cluny ?
Il y a effectivement certains lieux que je connais. La réalisation du premier tome a eu lieu pendant l’année 2020 du covid, il m’a été très compliqué de me déplacer, heureusement que j’avais déjà fait des photos lors de mes voyages précédents. J’ai aussi sollicité des amis qui bougent pas mal ou habitent sur place et qui m’ont fourni aussi de la documentation.
Benjamin Horwood et Karen Holt forment le duo du « Premier miracle ». Quelle fut votre principale inspiration pour les dessiner ?

Pour Ben, il fallait un personnage estudiantin, un peu lunaire, beau mais pas trop, gauche… J’ai pensé à Topher Grace lors de la lecture du roman, donc je m’en suis inspiré pour le créer.
La scène du temple égyptien fait place à un certain envoûtement. Comment l’avez-vous conçu ?
Le lieu n’existant pas, c’était assez facile de le créer, d’autant que je l’avais bien visualisé lors de la lecture du roman. J’ai voulu me détacher de ce qui avait déjà pu être fait de part et d’autre par des historiens, dessinateurs… Je me suis laissé porter par mon imagination et par les besoins narratifs aussi, tout en gardant à l’esprit qu’il fallait que cela soit crédible. « Crédible » est mon mot pour ce diptyque, par là j’entends que l’on y croit, après la justesse historique c’est autre chose. Nous faisons de la fiction… Il y a du fantastique, de l’ésotérisme, donc on peut se permettre des choses…
Quels sont vos projets ?
Pour le moment je suis sur le tome deux, qui avance bien. Pour la suite des projets j’espère continuer en compagnie de Didier Convard… Pourquoi pas, pour une nouvelle aventure avec Karen & Ben, car je m’entends bien avec les personnages de Gilles Legardinier. 🙂



chouette interview!
RépondreSupprimerMerci Monsieur !! :)
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